Un nouveau seuil est franchi dans la mise en œuvre du projet présidentiel d’Erdogan : selon la déclaration du ministère de l’intérieur, des mandats d’amener ont été émis contre treize députés du Parti démocratique des peuples (HDP). Onze députés du HDP parmi lesquels figurent Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, les co-présidents du HDP, ont été placés en garde à vue et une opération policière a été réalisée au siège du HDP.

L’opération policière contre les députés du HDP constitue la suite de la politique répressive du gouvernement. A travers des décrets publiés il y a quelques jours, dix mille personnes dont des centaines de membres de la Confédération des syndicats des travailleurs du secteur public (KESK) ont été visées par la purge, une quinzaine de médias d’opposition a été fermée, le siège du journal Cumhuriyet (République) a fait l’objet d’une opération policière sous motif de « soutien aux organisations terroristes tel que le PKK (Parti ouvrier de Kurdistan) et FETO (Organisation terroriste guléniste)  » , les co-présidents de la municipalité de Diyarbakır ont été arrêtés et un administrateur a été nommé à leur place. D’autre part, le palais présidentiel poursuit sa politique extérieure dangereuse et aventuriste qui peut causer l’entrée en guerre de la Turquie en Syrie et en Irak et qui plonge le pays dans un climat de guerre.

Il y a quelques jours, le premier ministre Binali Yildirim a clairement exprimé l’objectif de cette politique : « Si un régime présidentiel n’est pas instauré, la Turquie courra un risque de division ». Cette politique qui, avant les élections législatives du 7 juin 2015, s’est concrétisée par la menace « donnez-nous 400 députés et vivez sereinement ! », a été mise en œuvre par un coup du palais présidentiel contre le système politique du pays, après que les résultats des élections ont brisé le rêve de régime présidentiel. En conséquence de cette politique mise en œuvre avec le mot d’ordre « le régime présidentiel ou le chaos », nous vivons, depuis les élections du 7 juin, la période la plus sombre, sanglante et répressive de l’histoire du pays. La principale cause de cette répression est la volonté du clique politique dirigé par Erdogan de conserver le pouvoir à tout prix et d’éliminer tous ses opposants politiques.

Le projet présidentiel réactionnaire et répressif d’Erdogan et sa politique répressive d’exploitation ne sont pas une fatalité pour la classe ouvrière de Turquie. Auparavant, Erdogan et le gouvernement d’AKP ont failli s’effondrer à plusieurs reprises, mais chaque fois ils ont survécu à ces crises politiques parce qu’il n’existait aucune puissante alternative politique pour les travailleurs et les peuples opprimés. A présent, face au gouvernement qui n’hésite pas à plonger le pays dans la catastrophe au nom de ses propres ambitions politiques et qui intensifie la répression et l’exploitation de jour en jour, il faut repousser ces attaques politiques et construire immédiatement une lutte unie pour la rupture totale avec le régime répressif et le capitalisme, à travers un front unique composé de toutes les organisations politiques, syndicales, démocratiques de masse représentant les travailleurs et les peuples opprimés.

 

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